27 septembre 2021

Les retombées de l’Afghanistan, quelles conséquences ?

Les effets économiques et politiques de la prise de pouvoir par les talibans se feront sentir dans le monde entier.

Le retour des talibans

L’ère américaine de 20 ans en Afghanistan a pris fin hier de manière rapide et choquante avec la prise de la capitale, Kaboul, par les Talibans. Le président afghan a fui le pays et un conseil de responsables afghans s’est engagé à négocier avec les insurgés.

Dans la panique et le chaos, les observateurs ont craint l’effet que cette prise de pouvoir aurait sur la population de l’un des pays les plus pauvres du monde. Ce revirement soudain a également des implications géopolitiques importantes, car l’influence des États-Unis dans la région diminue et la Chine, l’Iran, la Russie et d’autres pays prennent le relais.

Quelle est l’avenir de l’économie afghane ? Battue par la guerre et soutenue par l’aide américaine, quelque 90 % de la population afghane vit avec moins de 2 dollars par jour. Selon un rapport publié en juin par le Congressional Research Service, les perspectives de l’économie afghane étaient, au mieux, incertaines, et ce, avant la prise de pouvoir par les talibans qui a suivi le retrait des troupes américaines.

On estime que les réserves minérales du pays valent jusqu’à 3 000 milliards de dollars, avec un vaste gisement d’or et de métaux industriels. Le plus important pour l’avenir du pays est sans doute l’énorme gisement de lithium, un matériau essentiel pour les batteries électriques. Mais exploiter ces ressources et les vendre au monde entier pourrait s’avérer difficile pour un État paria. La mauvaise gestion des ressources humaines du pays par les talibans, notamment l’assujettissement des femmes dans tous les aspects de la société, est une autre ombre au tableau.


Les retombées politiques se feront sentir bien au-delà de la région. Les réfugiés fuyant l’Afghanistan constituent une préoccupation immédiate pour la Chine, le Pakistan, l’Iran, la Turquie et d’autres pays. L’accueil réservé par la Chine aux dirigeants talibans lors d’une réunion le mois dernier a été largement perçu comme une protection des investissements de Pékin dans le pays, qui comprennent des projets d’exploitation minière. Les experts affirment que la Chine n’a guère envie d’étendre son pouvoir en Afghanistan, mais le retrait désordonné des États-Unis « renforcera l’idée de la Chine que l’Occident, en particulier les États-Unis, est en phase terminale de déclin », a écrit Akhil Bery, analyste à Eurasia Group, dans une note aux clients. Il en va de même pour la Russie, qui « intégrera le retrait américain dans ses arguments sur le manque de soutien de Washington dans d’autres domaines, tels que l’Ukraine », a-t-il écrit.

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